HUMEURS

Travailler… mais passionnément !

Je cours après le temps depuis janvier. Mais j’avais dans un coin de ma tête cet article, que je voulais écrire depuis longtemps. LE TRAVAIL. Oui, le travail. Cette chose qui nous prend les 3/4 de notre vie, les 3/4 de notre temps, pour laquelle on se donne à fond, qui nous épuise. Cette chose dans laquelle nous voyons plus nos collègues que notre famille, nos enfants, nos proches. Dit comme cela, ça pique un peu, n’est ce pas ? Mais malheureusement, comment y échapper quand on a plus de factures à payer que de frais pour nos loisirs ? Impossible…

Vous avez été nombreux(ses) à me demander mon parcours, pourquoi est ce que j’ai finalement quitté une vie bien rangée pour l’ouverture de la boutique POLINE SHINEL SHOP et prochainement LITTLE SHINEL. Bah, je vais vous expliquer tout cela.

J’ai deux parents, anciens infirmiers libéraux. Un travail qui vous prend 80% de votre temps. J’ai vécu les 3/4 de mon enfance avec ma mère. Une mère qui travaillait énormément. Elle se levait à 5H du matin, avec peu de temps de repos, et finissait à 21H le soir. Elle avait peu de temps pour elle, peu de temps pour ses enfants, peu de temps pour ses loisirs, peu de temps pour sa vie sociale. Mais, pas le choix, c’était comme ça. Je crois qu’inconsciemment et dès le plus jeune âge, mon frère et moi avons nourri l’envie de ne pas être esclave d’un travail, de ne pas être esclave d’une société qui vous dit quoi faire et comment le faire.

Je n’ai pas d’explication, mais pour ma part, très jeune, je me suis dit : « pas moyen ». Mon frère, c’était la peinture, la restauration de tableaux, les Beaux Arts. Moi, c’était la danse et la musique. Il est parti aux Beaux Arts, est devenu restaurateur de tableaux, participait à des concours, chinait dans les brocantes. Moi, je passais ma vie à l’ecole de danse et au conservatoire. J’ai eu mon bac à 17 ans et je suis partie vivre autre part faire mes études en musicologie. Passionnée de musique traditionnelle et plus particulièrement de Klezmer, j’ai voulu faire un Master en musicologie – Arts du spectacle, en faisant mon mémoire sur la musique ashkénaze et le  Klezmer.

En parallèle, j’ai toujours travaillé. J’ai commencé à 16 ans à faire les saisons : vendeuse en magasin de chaussures, serveuse dans des bars et restaurants. J’ai été femme de ménage dans une maison de retraite (je me suis faite virer car j’avais toujours mon casque sur les oreilles pour écouter de la musique et que je ne foutais pas grand chose…), au commissariat de ma ville aussi (ou je me suis bien marrée avec mes cheveux rouges de l’époque, mon style de hippie et mes quelques dreads perdues dans ma masse capillaire). J’ai fait de la mise en rayon à Carrefour, je me suis endormie dans la réserve et je me suis faite à nouveau virer. Encore. J’ai promené des chiens de mamie : j’étais ravie de promener des caniches royaux en centre ville en croisant mes potes qui profitaient de leurs vacances, et qui se foutaient bien de moi. Plus tard, pendant mes études à la fac, j’ai travaillé dans un collège catho comme pionne. Ce collège catho dans lequel j’étais 10 ans en arrière et que je ne supportais pas. J’étais une pionne minable parce que je ne supportais pas leur modèle d’éducation moulé, carré, étriqué que je réfutais depuis que j’avais goûté à l’enfer de l’École.

Je n’étais pas mauvaise élève, mais je n’excellais pas non plus. En fait, je notais rarement mes cours, et n’ouvrait jamais un livre en rentrant. Je ne faisais pas mes exercices non plus. J’avais déjà du mal avec la contrainte. J’avais envie de faire ce que j’aime. Et ce que j’aimais, c’était d’être fascinée. Et heureusement, j’étais tombée sur des professeurs fascinants et d’autres marginaux qui devaient penser comme moi au même âge. Mon prof de sport au lycée par exemple, avait bien compris que les cours de sport me gonflaient, et fan de jazz, on passait 2H sur le banc à s’échanger des CD de musiciens que l’on aimait, à parler Dave Brubeck et Galt Mc Dermot. Mon prof d’Anglais que je croisais souvent dans les bars où l’on passait de la bonne musique était aussi presque « un pote » avec qui je parlais musique tout le temps. Et ça, c’était cool. J’ai pourtant été dans les classes européennes parce que j’avais des facilités, mais je ne « foutais » rien. J’allais où ça me plaisait, ou là où ça me paraissait intéressant de par un prof qui me donnait l’envie.

En fait, j’ai tout simplement compris que ce qui m’habitait, c’était L’ENVIE. Et a contrario, si je ne l’avais pas, je ne faisais pas ou à contre cœur, avec un réel manque de volonté. Enfin si, la volonté de montrer que je n’en avais rien à foutre.

Puis, j’ai été professeur de musique dans un collège pendant un an. J’ai monté un projet sur le rap et le sample avec mes élèves. C’était génial. Bon, j’avais totalement mis le programme à la poubelle, et j’ai suivi mon envie : qu’est ce qui va faire kiffer mes élèves ? Leur montrer que la création c’est juste dément ou leur faire jouer de la flûte ?

J’ai été professeur aux Beaux Arts Musique. J’ai fait de l’éveil musical à des gamins géniaux. Bref, j’ai fait des années d’études (avec un break de un an où j’ai tenté d’être professeur des écoles, de longs doute : rentrer en école de journalisme ? Aux Cours Florent ? Ingénieur du son ? …) et des années où j’ai enchaîné plein de jobs différents en parallèle.

J’ai été barmaid, serveuse, chef de rang. Et contrairement à ce que je pensais, j’ai adoré : être dans le rush, courir partout, parler avec plein de gens, faire la fête, travailler avec des équipes de potes géniaux, rentrer le soir chez moi tard. Après le Master, j’ai fait un DU de musicothérapie tout en entant serveuse dans un restaurant. J’ai eu mon diplôme, mon premier enfant en même temps, et j’ai fait un break de 9 mois pour la première fois. J’ai beaucoup dormi, beaucoup profité, beaucoup mangé aussi mais j’ai enfin profiter du fait de s’ennuyer et c’était bon. J’ai eu mon fils, j’ai voulu déménager et j’ai repris comme serveuse 2 mois après la naissance de Chaton.

De par mon « statut » de musicothérapeute, je ne pouvais que travailler en libéral : aller à droite, à gauche, à la recherche de quelques heures par ci par là. J’en avais marre de courir tout le temps, je voulais être stable.

Je vous raconte mon parcours, c’est long hein. Mais au delà de répondre à vos questionnements, je pense que nous sommes beaucoup à se retrouver dans ce genre de chaos qui nous largue totalement à un moment donné de notre petite existence.

Je fais une parenthèse, mais lorsque je vous parlais de L’ENVIE à l’école ou au travail, elle s’allie étroitement avec le DOUTE. En tout cas pour ma part. Dans mes souvenirs, il me semble que c’est venu doucement vers le CE2. J’ai commencé à me demander ce que je foutais là, et pourquoi je trouvais certaines personnes, non, beaucoup de personnes, aussi chelou. Je me demandais pourquoi je faisais ça, pourquoi je devais faire ceci ou cela, quel était le sens, si ça avait vraiment un intérêt. J’avais très souvent l’impression d’être différente, et autant ça m’a amené de merveilleux potes, autant je me suis faite lyncher par d’autres pendant des années.

Et je l’ai compris plus tard, il y a peu, en mettant par un professionnel un nom sur cela : HPI. Haut Potentiel Intellectuel. Alors, attention, nous ne sommes pas des Einstein. On n’est pas là pour secourir la planète en inventant des trucs fabuleux. C’est simplement un fonctionnement neurologique différent pour seulement 2/3% de la population. Rien de bien méchant, juste une façon d’être et de penser différente. Je vous invite à lire cet article pour mieux comprendre, certes bourré de fautes d’orthographe, mais qui malgré tout, explique très bien le concept de manière assez brève.

Bref, après ce job de serveuse dans un restaurant, où je passais mon service la poitrine en mode 200E (j’exagère un poil…) puisque je venais d’accoucher et que j’allaitais mon fiston, je postulais dès que je trouvais quelque chose dans mon domaine : la musique ou le médical en tant que musicothérapeute. Et, j’ai eu l’opportunité de devenir coordinatrice de vie sociale dans une maison de retraite. J’étais enchantée. Une maison de retraite toute neuve, où l’on venait de créer mon poste. Je devais mettre tout un tas d’activités en place côté EHPAD et Unité Protégée (ceux qui travaillent dans le médical, big up !) en intégrant une équipe pluridisciplinaire. Je devais gérer des équipes sur ce pôle là, me créer un réseau de contacts et de fournisseurs, gérer une comptabilité, mettre des évènements en place, collaborer avec le local, … . Fascinant. J’avais l’envie. J’aimais mon job par dessus tout et je me suis énormément investie. Mais les aléas de travailler en équipe, avec deux téléphones qui sonnent en permanence, des rdv, des heures supp, des embrouilles de gonzesses à deux balles, des jugements injustes, une hiérarchie, le traitement d’une multitude de mails, les nombreux comptes rendus quotidiens, les réunions qui s’enchainent, et puis une passion qui prend un temps fou : la mode, l’influence, je frôlais tranquillement mais sûrement le BURN OUT.

Je rentrais chez moi tous les jours avec une migraine atroce. Je me levais, mangeais, dormais travail. Le dimanche, j’appréhendais déjà le lendemain. J’étais sur la défensive, parfois surexcitée, d’autres fois à 2 de tension. Le secteur du médical est très compliqué : des aides soignantes surchargées de travail et épuisées, des gens démotivés, des caractères différents avec qui tu passes du temps, les jaloux, ceux qui ne veulent absolument pas que tu te lies d’amitié avec tes collègues, les cancans, les blablas, le stress, les familles, les résidents, la fatigue… Cela faisait un an et demi que je souhaitais changer de voie, me lancer vraiment dans ce qui me passionne : les fringues. Continuer l’influence qui m’ouvre de plus en plus de voies, et monter ma boutique afin de proposer un style suivant la tendance mais à mon goût.

Je suis parfois lassée de ce que je vois sur Instagram : les mêmes photos, les mêmes articles, la même mode, la même veste que tout le monde va s’arracher puis oublier 4 semaines plus tard. Marre que l’on me dise que la tendance « c’est ça » et de ne pas pouvoir dévier un peu. J’en ai parlé tout ce temps à mes amis proches qui me disaient : « mais lance toi, c’est maintenant ou jamais ». Puis, j’ai pris mes ovaires à deux mains, et j’ai lâché sur le bureau de ma boss, une demande de rupture conventionnelle. Qui m’a bien sûr été refusée. Bah oui. Et ce fût la croix et la bannière pendant 6 longs mois.

Puis je me suis lancée. Et ça a marché. Et je suis la plus heureuse du monde vraiment. Comme je le disais, j’ai toujours suivi, plus ou moins, la mode et les tendances. Je m’en suis toujours inspirée, mais j’ai toujours voulu faire différemment. Les tatouages, anciennement des énormes plugs aux oreilles (je suis du coup obligée de ne porter que des clips maintenant !), une grosse frange qui me prend la moitié du visage, un style rock parfois mélangé de vintage, un make-up un poil pin-up : mes fringues, ce que je porte, mon style, me permettent de dire « qui je suis ». Et c’est pour cela que je trouve dommage que la plupart des gens sur instagram soient des moutons. On peut être un mouton, mais gris ou noir… ! On peut être classe sans en faire trop. On peut être street sans être trop kitch. On peut être plein de choses, et c’est pourquoi j’ai voulu proposer des pièces sympas mélangeant plusieurs styles.

Voilà donc mon parcours sur le pourquoi du comment. Je vous prépare un article sur les dessous de l’influence et les grandes lignes du fonctionnement d’une boutique !

 

 

 

 

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